dimanche 26 avril 2026

L'INSECURITÉ À LUANDA, N'D. GARCIA VICTIME DE LA DELINQUANCE JUVENILE.

 

Quel péché a-t-il commis pour mériter une fin aussi tragique ? Il est 6 heures du matin quand il sort de son domicile pour se rendre à son lieu de « travail » ». Le soleil vient à peine de se lever.  Ses rayons percent difficilement l’obscurité. Sur la route qui mène au marché de Quicolo, un modeste citoyen est abattu. Un septuagénaire, père de sept enfants, grand-père. Son seul péché : se débrouiller pour nourrir sa famille. Ce jour-là, il s’est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Des délinquants armés lui ont tiré dessus. Des balles incendiaires. Dans les environs, on a entendu des coups de feu. La voix d’un homme appelant au secours. Le bruit des pas des individus courant vers la grande route. Couché par terre un homme se tortillait de douleur. Ensanglanté. Ce drame a lieu dans le quartier de Mabor, au nord de Luanda. Une zone qui ne bénéficie d’aucune présence policière. Les policiers du SIC n’y apparaissent que pour constater les dégâts. Le SIC, c’est le service d’investigation criminelle. Un service qui est plus enclin à défendre le régime que les citoyens. Et N’D. GARCIA s’en est allé parce que  Mabor n’est pas une priorité gouvernementale. Pourquoi ? Ça c’est un autre débat. C’est sur le chemin de l’hôpital qu’il  rend l’âme. Encore une victime  de la délinquance urbaine. Anonyme. Insignifiant. Pendant ce temps, les autorités, censées assurer la sécurité de la population, regardent ailleurs. Leur préoccupation, 2027. Les élections. À pas des géants, on s’y approche.

Il est loin, très loin, l’époque où nos mouvements de libération nous abreuvaient  de leurs discours soporifiques sur la sécurité des hommes et de leurs biens. Dans leurs diatribes, les colonialistes incarnaient tout ce qui était mal. Durant les 50 dernières années, nous avons compris que nos mouvements de libération n’étaient que des outils de dénonciation, pas de gestion. Ils exacerbaient les problèmes. Rassemblaient les insatisfactions. Promettaient des solutions rapides. Et nous, naïfs, nous y avons cru. Aujourd’hui, face à la réalité, nous nous rendons compte que le pouvoir est tributaire de plusieurs facteurs externes et internes. Contraintes budgétaires. Rapports de force. Inerties administratives. Pressions diverses. Vision claire. Le realpolitik.

Nonobstant cette réalité, le peuple n’a jamais cessé d’insister sur l’importance de la  lutte contre la délinquance urbaine. La tranquillité des esprits  participe immensément à sa sérénité. La quiétude n’est pas un privilège réservé uniquement aux habitants de certains quartiers dans les grandes villes. Non, c’est un devoir de l’État  de protéger toute la population.  Mais au vu du vécu, l’opinion exprime des doutes quant à l’efficacité des mesures prises par le pouvoir . Le chômage massif de jeunes et le manque d’un encadrement approprié à la jeunesse ont généré des désœuvrés. Difficiles à contrôler. C’est un danger pour la société. Mabor n’est pas le seul quartier délaissé par la police. Dans les nouvelles zones en construction, c’est pareil. Les médias angolais indépendants ne s’intéressent plus au sujet. Les agressions sont devenues une routine. Et si on réfléchissait sur la POLICE DE PROXIMITÉ ? C’est peut-être la solution. Non ? Cela implique une profonde réforme de la police, c’est vrai, mais qui veut manger les omelettes, casse les œufs.

Sobamasoba, information et analyse sans fake news.

 

dimanche 26 mars 2023

LES JEUNES ANGOLAIS FUIENT L' ANGOLA , POURQUOI ?


Voila presque cinquante ans que le peuple  Angolais, confiant naïvement dans la capacité de ses dirigeants, attend vainement que des meilleures conditions de vie lui soient offertes. Hélas! Peine perdue. Le changement tant attendu n'est pas pour demain. À cause de l'immobilisme constaté, beaucoup d'Angolais quittent le pays à la recherche du mieux être. Vous ne devinez pas pourquoi? 

Pour gouverner, il ne suffit pas d'être un technocrate spécialisé dans divers domaines de la connaissance scientifique. Au-dessus de la science se trouve le sens humain et le fait d'être un nationaliste défenseur de ses racines, un patriote inconditionnel. Or,  vu la manière dont le pays est dirigé, on peut conclure, sans se tromper,  que les dirigeants Angolais sont pour la plupart des femmes et des hommes que nous pouvons assimiler aux colonialistes portugais.

Observez un peu la mosaïque de ces dirigeants. La majorité d'entre eux sont  diplômés ou spécialisés au Portugal. Ils ont vécu et créé des liens d'affinité avec la culture portugaise. Après le départ du colon portugais, ils ont pris sa place et se sont identifiés comme des membres d'une classe privilégiée. Des « angolais de souche » comme ils adorent  se définir. Cependant, du berceau dont ils sont originaires, ce qu'ils ont le mieux appris, c'est de s'assimiler aux principes du colonialiste portugais et d'étudier les stratégies de mise en œuvre du colonialisme - angolais - sur la base d'une constitution atypique, oeuvre du Mpla. En fait, les dirigeants actuels en Angola sont des colons luso-angolais. La majorité  d'entre eux appartient à la génération des cadres mplistes qui dans les années 80 et 90 est partie au Portugal sous les traits d'une nouvelle classe montante  et qui est revenue en Angola au début des années 2000. Avant de partir pour l'Europe, ces jeunes turcs faisaient déjà partie de la catégorie des Angolais confus et sans identité culturelle. Arrivés au Portugal, ils ont vécu en cercle fermé,  loin de leurs compatriotes. Comme est de rigueur dans le Mpla, la convivialité était uniquement entre eux. Pendant leur séjour au Portugal, ces individus ont vécu dans une réalité virtuelle  aux antipodes de l'Angola et beaucoup ont complètement perdu les quelques bases culturelles qu'elles avaient, d'autant plus qu'ils croyaient  devenus plus portugais que les Portugais de souche. Aujourd'hui, sans morue et sans vin rouge portugais, ils se sentent déconcertés. Bref, ces "assimilés" membres du gouvernement, sans ces artifices  portugais, se sentent affligés comme un poisson hors de l'eau. C'est ce genre de personnes qui gouvernent aujourd'hui l'Angola. 

Cette déconnexion qui existe entre les gouvernants et la population dans son ensemble n'est pas un fait du hasard. Les ministres issus de cette catégorie de gens évitent tout contact avec les Angolais. Dans leur agenda, ils ont un but bien défini : faire fortune pour envoyer au Portugal parce qu'ils se croient portugais. Ils n'ont aucune notion du nationalisme et se moquent de la culture angolaise qu'ils connaissent à peine. Ils considèrent les traditions angolaises comme quelque chose d'exotique. Ils sont culturellement perdus et sans vision stratégique pour l'Angola. Ils sont là pour servir uniquement les cercles et clubs de leurs amis et familles restés au Portugal. Ce serait une joie si ces soi-disant Luso-Angolais  avaient la capacité de transformer scientifiquement l'Angola comme le Nigeria, le Ghana ou le Kenya. S'ils pouvaient se montrer capables de construire un avenir radieux pour les enfants de l'Angola.  Hélas! rien de tout cela. La vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux,  montrant une jeune fille dont la maison de sa mère était démolie par  la méchanceté de ces dirigeants-là, est une preuve que nous continuons à être colonisés. Les dirigeants angolais font pire que les colons portugais. Je mets au défi quiconque me prouvera le contraire. 

Parlons-en. 

Source: Paulo Assuilo













        

mardi 31 janvier 2023

PARLONS-EN SANS TABOU.

Sobamasoba signifie, en kikongo, un ardent désir, un profond souhait du changement. Dans le cas qui concerne ce blog, il s'agissait du changement en Angola. Pendant toutes les années qui ont précédé les élections de 2022, tous les éléments étaient réunis pour que le désir du souverain primaire soit réalisé. Seulement, le moment venu, l'alternance  tant attendue n'a pas eu lieu. La Commission nationale électorale et le Tribunal constitutionnel en ont décidé autrement. Les résultats sortis des urnes ont été très intelligemment manipulés au profit du parti au pouvoir. En restant dans les limites de l'acceptable, 51,70% des voix ont  été attribués au Mpla. Juste ce qu'il fallait pour paraitre crédible aux yeux des opinions nationale et internationale. À Luanda, l'euphorie à laquelle la population était habituée après une victoire électorale du parti au pouvoir n'était visiblement pas au rendez-vous. Humilité ou gêne? Peu importe. Cela appartient aujourd'hui au passé. Et l'avenir, que nous réserve-t-il? Apparemment, rien d'intéressant. Car, voyons...La politique se construit à partir de récits fonctionnels qui établissent entre eux les fondements d'une bonne gouvernance. Or, il existe trois indicateurs qui servent de soubassement à une bonne gérance. Ce sont : la CRÉDIBILITÉ, la PRÉVISIBILITÉ et la STABILITÉ. 

Ces indicateurs sont des éléments d'équilibre  qui participent à la pratique d'une bonne administration sous le leadership d'un leader compétent. Est-ce le cas pour l'Angola? J'en doute fort. Car, il est de notoriété publique qu'au cours des très dures 47 années qui ont suivi l'indépendance, les Angolais ont connu trois Présidents de la république, tous adversaires de la démocratie et également ennemis d'un État de droit. Malgré leur impopularité et illégitimité, (ils n'ont jamais été élus), l'arrogance et le sentiment de supériorité les ont toujours conduit dans leur dérive  au point où le dernier en date et ses amis ont systématiquement prêché la guerre pendant la campagne qui a précédé les élections de 2022. Pourquoi un tel langage vingt ans après la fin du conflit armé qui a opposé l'Unita au Mpla? En cherchant très bien, on trouve que la vraie raison est objectivement liée à la peur qui les terrifie à l'idée d'organiser les élections locales. La gifle reçue aux législatives a laissé une profonde marque malgré le semblant de sérénité affichée. Dans ces circonstances, les Angolais sont face à un parti au pouvoir dirigé par un Président de la république acculé qui, dans ses divagations, entraîne toute la société sur une pente dangereuse. Un coup, c'est la réforme administrative territoriale décriée par l'opinion publique, un autre coup, ce sont les menaces contre l'Unita. Finalement, les cinq premiers années du mandat de JLo n'ont servi à rien? À l'assemblée nationale, le Mpla continue à mépriser l'apport de l'opposition. Le débat sur le Budget de l'État (OGE) est une illustration de l'insolence du pouvoir. 

L'Unita n'est pas l'ennemi du Mpla. C'est juste un parti adversaire qui poursuit le même objectif que le Mpla, mais qui est porteur d'un projet de société différent de celui du Mpla. Vouloir faire croire à l'opinion publique que l'Unita est porteur d'un projet toxique pour le peuple est un mensonge grossier. D'ailleurs les vrais résultats des dernières élections le prouvent à suffisance. Pourquoi alors s'obstiner à utiliser une recette qui ne donne pas des fruits? Certains "colombes" au sein du Mpla, sans l'exprimer publiquement, envisage la possibilité d'associer des cadres de l'opposition à la gestion de la chose publique. Le Mpla a montré ses limites. Il n'y a aucune honte à gérer le pays avec d'autres cadres issus de la société civile ou de l'opposition. Ils ne seront peut-être pas d'accord sur tout, mais sur l'essentiel un consensus est possible. Pourquoi cette obstination à vouloir gouverner seul? Pourquoi? Le philosophe Joseph Basile disait:" Celui qui sait enseigne pour faire savoir, et celui qui ne sait pas apprend pour s'enrichir et tous les deux se hausser ainsi ensemble."  L'Unita détient peut-être la solution à nos problèmes, pourquoi ne pas l'associer à la gestion du pays? Les élections de 2022 nous ont   donné la réponse. Le peuple souhaite voir l'Unita au pouvoir. La voix du peuple, c'est la voix de Dieu. Ecoutez-la. 

Sans tabou. 












mercredi 15 janvier 2020

Joâo Lorenço - Felix Tshisekedi : un même combat?


L'année 2020 commence par un bras de fer entre le président Lourenço et la famille Dos Santos. La saisie par le gouvernement angolais des avoirs de Isabel dos Santos et de son mari retient en ce début d'année l'attention de tous ceux qui s'intéressent à la politique angolaise. Vu l'intensité de la tension qui règne entre Joâo Lourenço et le duo Tchizé/Isabel dos Santos, on ne pouvait pas espérer mieux. Laissons, pendant quelques minutes, la frénésie médiatique autour de Isabel dos Santos, et regardons d'autres événements intéressants qui se sont passés en Angola. Une fois de plus, le président Joâo Lourenço a rencontré Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, cette fois à Benguela. La réunion a donné lieu à une déclaration dans laquelle sont soulignés l'examen par les deux dirigeants des questions relatives à l'exploration du pétrole dans les zones communes d'intérêt et  les conséquences de la décision de la Cour provinciale de Luanda, au sujet de la saisie des actifs de Isabel dos Santos et de son mari, Sindika Dokolo. Sur cette question, qui occupe la majeure partie du communiqué, les deux présidents ont affirmé leur ferme engagement à lutter contre la corruption et l'impunité, ainsi que l'engagement décisif en faveur de la transition pacifique des deux pays vers la démocratie et le progrès. Il semble qu'après tout, contrairement à ce que peut penser l'opinion publique, la question de Isabel dos Santos, surtout de son mari Sindika Dokolo,  a un impact sur les relations entre l'Angola et le Congo-Kinshasa, et la rencontre entre les présidents ne pouvait pas se terminer sans se pencher sur cette brûlante actualité.  Il n'est donc pas surprenant que dans la lutte contre la corruption, les problèmes provoqués par les caciques des anciens regimes dans les deux pays font partie des préoccupations de Lourenço et de Tshisekedi.
 L'actuel président de la RDCongo occupe ce poste depuis janvier 2019, après avoir succédé à Joseph Kabila, président pendant plus de 18 ans. Comme José Eduardo dos Santos l'a fait à Lourenço, Kabila a verrouillé le pouvoir avant de partir. En fait, en RDCongo, l'influence de Kabila reste très présente, puisque la Constitution, contrairement à l'Angola, ne confère pas de larges pouvoirs au Président de la République. C'est une constitution semi-présidentielle. Ainsi, Tshisekedi doit vivre avec une majorité parlementaire et un Premier ministre de la confiance de Kabila, qui, après avoir remis la présidence de la République, contrôle toutes les autres institutions. De toute évidence, Kabila était plus habile que Dos Santos. À mon avis, le chemin que Tshisekedi doit parcourir est très long et ardu.
En fait, les principaux problèmes des deux présidents sont identiques: deuxs pays extrêmement corrompus, où une petite élite s'est appropriée la plupart des ressources. Au vu de ce qui se passe en Angola,  il semble que Joâo Lourenço tente de former en Afrique centrale un bloc réformiste, pariant sur la reconfiguration des régimes politiques et les débarrassant autant que possible de la corruption. En ce sens, il a peut-être trouvé un allié en la personne de Tshisekedi. Il y a possibilité de forger une alliance pro-démocratie et pro-progrès qui serait sans précédent dans ces deux pays. L'Angola et la RDC ont connu des guerres et la pauvreté tout au long de leur histoire. Depuis son arrivée au pouvoir, Lourenço a joué un rôle important dans la transition pacifique en RDCongo entre Kabila et Tshisekedi. Plusieurs sources confirment son rôle clé dans la décision de Kabila de se retirer, lui garantissant un sanctuaire en Angola, si nécessaire. Il a apporté un soutien indéfectible au nouveau président congolais, à la fois pour le renforcement de son pouvoir et la gestion des relations avec le Rwanda. Toutefois, hormis le renforcement des relations entre les deux pays et la création d'un bloc anti-corruption dans cette zone de l'Afrique centrale, un autre thème a été abordé par les deux dirigeants. Celui de Sindika Dokolo. De nationalité  congolaise (en plus de danoise et angolaise), Sindika appartient à une riche famille. Son père, Augustin Dokolo, était l'un des principaux banquiers du dictateur Mobutu, avant de tomber en disgrâce et de perdre sa banque. Marchant sur les pas de son père, Sindika a un sens très élevé des affaires. Il croit à la méritocratie, ce qui l'oppose à l'ancien président Joseph Kabila qui, finalement l'a fait condamner par un tribunal congolais à un an de prison pour certaines de ses entreprises. Cela l'a empêché de rentrer en RDCongo pendant un certain temps.
Nous avons tous observé qu'après l'élection de Tshisekedi, Sindika s'est beaucoup approché du nouveau président. Apparemment, une étroite entente entre les deux hommes était donc en gestation. Lourenço voit-il d'un bon oeil cette approximation?  Étant embourbé dans une grave affaire financière en Angola, il est possible que Joâo Lourenço, qui  soutient Tshisekedi, ne veuille pas que Sindika soit un grain de sable dans la mécanique qui se met en place.  Si Lourenço et Tshisekedi sont appelés à être des alliés dans la lutte contre la corruption, forcement Tshisekedi aura besoin de Lourenço pour se démarquer de Kabila et créer son propre espace politique et de pouvoir. À son tour, Lourenço n'aimerait pas que la RDCongo  sert de base pour les attaques de Sindika contre le pouvoir à Luanda.
Les deux chefs d'État arriveront-ils à se surpasser?  Wait and see. 

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 
Eduardo M.Scotty

Source: makaangola.